Phare d'Alexandrie : les secrets de la 7e Merveille du monde révélés grâce aux jumeaux numériques
Le Phare d'Alexandrie livre enfin les secrets de sa construction grâce à une enquête scientifique et aux jumeaux numériques
Plus de 2 000 ans après sa construction, le mythique Phare d’Alexandrie renaît grâce à une enquête scientifique exceptionnelle et à l’apport des jumeaux numériques. Pour la première fois, une reconstitution scientifiquement complète dévoile les secrets de construction de l’une des Sept Merveilles du monde.

Une merveille antique d’une modernité inattendue
Construite au début du IIIe siècle avant notre ère par Ptolémée Ier, et inaugurée par son fils, Ptolémée II, l’exceptionnelle tour était destinée à guider les navigateurs à l'approche d'une côte basse et dangereuse. Du haut de ses 103 m, le Phare d’Alexandrie faisait rayonner la ville égyptienne au centre des routes commerciales méditerranéennes. Érigé sur l’ile de Pharos, symbole de la puissance de la cité et du prestige de ses bâtisseurs, il peut être considéré comme le premier gratte-ciel de l’humanité.
Sa perfection technique et son génie architectural - incarnation de l’apogée scientifique de son époque - ont permis au monument de traverser les siècles. Il a ainsi résisté au passage du temps, à 18 séismes et aux bouleversements de l’histoire pendant environ 16 siècles, avant que ses ruines ne finissent par disparaître.
Les derniers mystères de ce prodige architectural sont aujourd’hui levés, grâce aux recherches menées par le Centre d’Études Alexandrines, le CEAlex (CNRS/Institut français d’archéologie orientale), sous la responsabilité scientifique de l'archéologue et architecte du CNRS, Isabelle Hairy, et avec le soutien de La Fondation Dassault Systèmes et de GEDEON Programmes.
Travailler depuis 30 ans sur la fouille sous-marine du Phare des phares, la première tour de grande hauteur de l’histoire de l’humanité, est une bénédiction ! Avec le projet Pharos, nous pouvons commencer à expliquer cette architecture très élaborée, construite à l’entrée d’Alexandrie, sur la Méditerranée.
Une enquête scientifique hors du commun
Depuis l’ouverture de la première fouille archéologique subaquatique par Jean-Yves Empereur en 1995, les recherches du CEAlex se sont poursuivies sur le site du Phare d’Alexandrie, considéré aujourd’hui comme le plus vaste site d’architecture immergée au monde. A ce jour, 4 896 blocs de pierre ont été recensés entre 4 et 9 mètres de profondeur, dans la Méditerranée, sur une superficie d’environ 2 hectares.
En juin 2025, une nouvelle campagne de fouilles hors norme a permis aux équipes du CEAlex de franchir une étape décisive et d'extraire des eaux du port d'Alexandrie les blocs les plus imposants du phare, parmi lesquels : le linteau et les montants de la porte monumentale (pesant entre 70 et 80 tonnes), son seuil, de grandes dalles du soubassement pouvant peser jusqu’à 40 tonnes, des éléments du socle empruntés aux pyramides de l'Ancien Empire égyptien ainsi que des pièces d’un monument jusqu’alors ignoré : un pylône de style égyptien combinant une technique grecque.
Cette campagne de fouilles a permis d'ajouter des éléments scientifiques renforçant la compréhension du site, tout en ouvrant de nouvelles pistes de recherche sur les choix architecturaux de l’époque et les influences techniques ayant permis la construction de ces grands ensembles.

Le projet Pharos : le phare d’Alexandrie révélé grâce aux jumeaux numériques
Toutefois, la restitution architecturale du Phare ne pouvait reposer sur les seules données archéologiques. En effet, le site sous-marin ne représente que 10% de la construction originelle, laissant subsister de vastes lacunes.
Face à ce déficit documentaire, une équipe pluridisciplinaire, réunie dans le cadre du projet Pharos, a engagé une enquête scientifique visant à recenser l’ensemble des sources décrivant le monument. L’investigation s’est appuyée sur la riche iconographie antique (notamment des monnaies, lampes en terre cuite, mosaïques et verres historiés) et sur les sources textuelles, en particulier une documentation médiévale de langue arabe qui décrit, avec une précision remarquable, l’architecture du Phare. Désormais, chaque donnée, qu’elle soit matérielle ou documentaire, devient un indice pour reconstituer, pièce par pièce, la septième merveille du monde.
Le défi majeur de cette enquête est de comprendre comment fut construite la structure de 103m. Pour y répondre, le CEAlex s'est associé à La Fondation Dassault Systèmes. La scientifique du CNRS, Isabelle Hairy, et les ingénieurs volontaires de La Fondation Dassault Systèmes ont uni leurs expertises afin de relever un défi inédit : recréer le jumeau numérique du légendaire Phare d’Alexandrie. Pour cela, les équipes ont croisé et analysé l’ensemble des données disponibles. Chaque information a été intégrée dans un modèle 3D numérique, et chaque hypothèse testée jusqu’à aboutir à une reconstitution complète, établie et consolidée par la confrontation des résultats.



Le jumeau numérique sert aussi à valider la résistance mécanique du Phare et de sa structure face aux contraintes imposées notamment par les séismes. Des simulations ont permis de comprendre la bonne tenue du Phare à travers seize siècles.

Par ailleurs, c’est grâce au Téléport 1/1, conçu par Dassault Systèmes, qui offre un espace immersif pour collaborer autour de représentations numériques et plonger physiquement dans une maquette virtuelle à taille réelle, que l’architecte-archéologue et les ingénieurs confrontent leurs analyses. Ils explorent les volumes du monument et affinent la restitution, étape après étape. L’apport de la 3D permet ainsi de tester scientifiquement chaque choix architectural. Pour la première fois, une image validée de l’édifice se dessine, offrant une lecture renouvelée du Phare d’Alexandrie.

Le Phare d’Alexandrie était un chef-d’œuvre d’ingénierie civile qui a pu résister à dix-huit tremblements de terre. C’est cette prouesse technique qui a conduit La Fondation Dassault Systèmes à s’engager dans ce projet. Le jumeau numérique et les simulations 3D conçus par Isabelle Hairy et nos ingénieurs engagés en mécénat de compétences ont permis de mieux comprendre comment ce monument a été conçu, et de lui donner une seconde vie en permettant sa visite virtuelle.
Une reconstitution validée qui éclaire l’histoire du monument
Pour la première fois, une reconstitution scientifiquement validée du Phare et de son implantation permet de mieux comprendre la structure et le rôle du monument. La reconstitution met notamment en évidence :
- À l’extérieur : une chaussée montante s’appuyant sur 16 arches ; une porte d’entrée monumentale culminant à 13 mètres de haut, et un ensemble structuré en trois volumes distincts, dimensionnés entre eux suivant des proportions harmoniques, posés sur un socle solide.
- À l’intérieur : une structure interne labyrinthique comprenant 67 pièces réparties sur 9 niveaux, desservies par une rampe où pouvaient se croiser deux cavaliers ; une seconde circulation par les pièces en enfilade, rendue possible grâce à des escaliers disposés sur un second plan ; une structure fondée sur la superposition d’arcades et de grandes pièces voûtées, révélant une modernité d’ingénierie insoupçonnée.

Un projet documentaire ambitieux
GEDEON Programmes produit en exclusivité un documentaire retraçant cette enquête scientifique inédite initiée par Jean-Yves Empereur et portée par le CEAlex, sous tutelle du CNRS et de l’Institut français d’archéologie orientale. Réalisé par Laurence Thiriat, ce film de 90 minutes sera diffusé le 5 novembre 2026 dans la soirée « Science grand format » de France Télévisions, puis sur France.tv et à l’international.
L'Agenda 2030 pour le développement durable
Adopté par l’ensemble des États membres de l’Organisation des Nations unies, l’Agenda 2030 constitue un plan d’action commun en faveur de la paix et de la prospérité pour les populations et la planète, aujourd’hui et demain. Ce plan s’articule autour de 17 objectifs de développement durable (ODD), qui constituent un appel urgent lancé à l’ensemble des pays développés et en voie de développement dans le cadre d’un partenariat mondial. La Fondation Dassault Systèmes soutient le projet Pharos qui répond à deux des ODD : Villes et communautés durables et Partenariats pour la réalisation des objectifs.



A propos de notre partenaire
Le Centre d’Études Alexandrines (CEAlex)
Le Centre d’Études Alexandrines est un laboratoire de recherche public français, qui fait partie des 37 unités de l’Institut National des Sciences Humaines et Sociales, présentes à travers le monde, en dehors du territoire national. Unité de Service et de Recherche, il est placé sous la tutelle du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l’Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO), et bénéficie d’un soutien continu du Ministère des Affaires Européennes et Étrangères français. Il compte plus de 80 collaborateurs permanents, européens et égyptiens, et accueille 200 missionnaires par an. Fondé par Jean-Yves Empereur en 1990 et dirigé par ce dernier jusqu’en 2015, il fête en 2020 ses 30 années de présence permanente et de travaux continus à Alexandrie.
La mission du Centre d’Études Alexandrines est l’étude de l’histoire de la ville d’Alexandrie et de sa région sur sa longue diachronie. Ses équipes effectuent des fouilles archéologiques terrestres et sous-marines ainsi que des prospections en ville et dans la campagne et mènent à bien des programmes d’étude et de mise en valeur du patrimoine moderne. Le CEAlex travaille en coopération étroite avec l’ensemble des acteurs égyptiens, et en premier lieu le Ministère des Antiquités et l’Université d’Alexandrie.